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Féodalisme intellectuel

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mardi 27 juin 2006

Message à Nicolas Sarkozy

Suivant en cela l'exemple de mon ami David Monniaux, j'ai envoyé un message à M. Sarkozy (via son site Web) pour lui demander de faire «tout ce qui est en son pouvoir» (qui est grand, trop même pour une démocratie, mais bon...) contre le vote définitif de la loi DADVSI prévu pour le 30 juin. (Note : le coup du «futur électeur», je le fais à tous les hommes politiques avec qui je discute ☺ — c'est de bonne guerre)

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jeudi 15 décembre 2005

Rapport Pébereau... en Word

Le rapport Pébereau vient de paraître. Il lâche le paquet (1000 milliards d'euros de dette, soit 17 000 € par français !!), fustige l'attitude de l'exécutif qui considère «l’augmentation de l’endettement [...] comme une ressource publique à part entière».

Et bien sûr, le document est édité avec Word — ça se reconnaît à l'usage médiocre de la typographie, notamment le soulignement; impression confirmée par FichierPropriétés du document... sous Acrobat Reader®. Cela signifie, mine de rien, que quelqu'un, quelque part dans les méandres de l'administration, a payé les quelques centaines d'euros de la licence Microsoft Office® — autrement dit, l'État français finance l'oncle Sam. Alors que le logiciel libre OpenOffice, qui est gratuit, pourrait le remplacer.

«Faites ce que je dis, pas ce que je fais» en somme. Au sujet de la dette nationale, j'ai bien l'impression que comme disent les américains, it will get much worse before it gets better.

lundi 5 décembre 2005

Laurent Lafforgue sur Radio Catho, ou les habits neufs du Mammouth

Ce matin, Laurent Lafforgue, notre dernier lauréat de la médaille Fields, est passé à l'émission «Grand Témoin» sur Radio Notre dame ce matin. Cette émission, que j'ai déjà eu l'occasion de présenter, consiste à inviter un personnage connu ou moins connu à commenter l'actualité.

Laurent Lafforgue, qui fut mon caïman à l'agrégation de maths, ne s'est pas égaré dans un ego trip stérile ni sur des divagations de café du commerce sur l'avenir du monde. Il n'a parlé, et très modestement, que de choses simples : la nécessité de l'effort dans l'apprentissage (des mathématiques ou autres), la valeur du savoir en soi et comme compagnon de la foi, son désaccord profond avec l'attitude démagogique et Diafoirusienne de la hiérarchie de l'Éducation Nationale. Musique ô combien suave à mes oreilles, moi qui suis le fils d'un professeur agrégé de mathématiques qui a fait le même et amer constat depuis 20 ans; moi qui suis également ancien élève de l'ENS, et qui ne dois mon ascension sociale qu'à l'école de la République. Laurent Lafforgue est, outre un mathématicien de classe mondiale comme l'atteste son palmarès international, un pédagogue de premier ordre : son discours d'accueil au Collège de France est un modèle du genre, qui explique l'alpha et l'oméga de la discipline mathématique dans un langage accessible à tous.

Hélas, nous vivons à l'heure du féodalisme intellectuel. Si Laurent Lafforgue était l'invité d'honneur de Radio Notre Dame, c'est en raison d'un bref passage par oh-non-encore-une-autre instance bureaucratique ubuesque connue sous le nom de Haut Conseil de l'Éducation, dont il a récemment claqué la porte. Certes il l'a fait avec panache et intégrité, et non sans avoir étayé sa position avec une impressionnante bibliographie qui résume la situation catastrophique de mon alma mater (si vous ne me croyez pas moi, ni lui, lisez au moins les livres référencés !) avec une éloquence que je ne saurais atteindre dans mon propre blog. Certes, il a fait ce qu'il avait de mieux à faire. Seulement, maintenant que Laurent Lafforgue et ses semblables sont partis, le bon sens et le courage de la réforme vont comme d'habitude et sauf miracle laisser la place aux postures politiques imbéciles, à l'attentisme et à la gabegie.

Medames, Messieurs les professeurs, hommes et femmes de bonne volonté, ce n'est donc encore pas aujourd'hui que Zorro va arriver pour sauver le mammouth. Courage dans votre combat, vous qui faites votre métier en conscience, envers et contre les média, les politiques, vos supérieurs, les parents d'élèves, les flics, et même certains de vos collègues — simplement pour que les enfants s'en sortent. Comme le dit la chanson, vous êtes de ceux qui changent la vie. Et vous êtes aujourd'hui le dernier pillier de la république qui tienne encore à peu près debout.

mercredi 2 novembre 2005

L'affaire Dreyfus de l'Internet français ?

Je ne me tiens pas particulièrement au courant de l'actualité des bavures policières (une honte nationale parmi tant d'autres). Pourtant c'est la troisième fois aujourd'hui avec l'affaire Maulpoix que j'entends un témoignage sur des violences policières spécifiquement ciblées sur des intellectuels. C'est pourquoi je prends le (petit) risque moi aussi de faire ce qui est interdit, sinon par la loi, du moins par l'usage : parler de l'Affaire.

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mercredi 19 octobre 2005

Ils sont venus voler ma terre !

L'Internet, c'est ça.

Ça c'est l'Internet (cliquez sur la vignette pour aller sur la page d'où elle provient, qui contient des versions plein écran et des explications).

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