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Ça s'est passé comme ça

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mardi 8 janvier 2008

Appelez France Télécom au 01 44 44 22 22 !

Je lis de temps en temps le blog de Bernard Salanié, et bien m'en a pris parce j'ai eu besoin de résilier ma ligne France Télécom depuis la Suisse, suite à notre déménagement. Le rapport ? C'est ce billet sur France Télécom, et plus précisément l'un des commentaires des lecteurs qui non seulement dévoile le numéro de téléphone direct de la hotline de notre opérateur historique, mais indique même un outil qui permet de les connaître tous !

Parce qu'évidemment, toutes les grandes boîtes françaises ont un service d'assistance téléphonique de nos jours, souvent sur un numéro surtaxé... Voici comment cela se passe (procédure expérimentée personnellement de l'autre côté du rideau de velours dans un grand groupe allemand que je ne nommerai pas) :

1. engager un consultant (cher !)
2. recenser les différentes procédures qui pourront être traitées par téléphone, avec les questions à poser à l'utilisateur pour s'assurer de son identité, lui réclamer un numéro de contrat, l'adresse de facturation, etc.
3. fabriquer un système d'information, c'est-à-dire le ou les programme(s) informatique(s) que les hotliners auront sous les yeux pour saisir les réponses auxdites questions (très cher !)
4. organiser les procédures sous la forme d'un arbre à thèmes (par exemple : I = ajout ou suppression de services, II = changement de coordonnées bancaires ou postales, III = dépannage, I.1.B = ouverture d'accès Internet etc).
5. «mettre en musique» l'arbre à thèmes, c'est-à-dire programmer la suave voix du serveur téléphonique pour qu'elle sussure : «si vous voulez accéder au bouquet de services de votre compte, tapez 1»... (Cher !)
6. fabriquer un document de formation à partir de l'arbre à thèmes, à l'attention des futurs hotliners.

À ce point, la petite aventure a déjà coûté fort cher, en particulier pour toutes les étapes qui font intervenir un système informatisé (hé oui, faut bien qu'on vive nous autres !)... Soyez toutefois assurés que les Pouvoirs d'en Haut nauraient pas commandité cette coûteuse révolution de palais s'ils n'escomptaient pas un retour sur investissement dans les phases qui suivent :

7. engager une armée de prolos dans un pays francophone en voie de développement, et les payer une misère pour 10 heures de travail par jour 6 jours sur 7 avec 20 minutes de pause-déjeûner (ou mieux encore, passer par un sous-traitant, qui comme son nom l'indique aux esprits facétieux est spécialisé dans ce genre de traite). Leur donner une «formation générale», c'est-à-dire un faux prénom qui sonne français (ultime aliénation...), des cours de langue (pour l'accent) et de self-control (pour les clients furieux, cf. infra), un poste de travail (casque avec micro, ordinateur, chaise, bureau), et voilà vos hotliners !
8. Leur donner une formation spécifique, c'est-à-dire leur apprendre le maniement du système d'information, et l'arbre à thèmes (par cœur).
9. Lancer le service auprès d'un panel réduit de consommateurs (par exemple les clients professionnels) pour essuyer les plâtres de ci, de là.

Le lecteur aura deviné que la situation, à ce stade, est déjà catastrophique. Même en supposant que les programmeurs chargés du système d'information aient réussi à livrer quelque chose d'utilisable (cas rare), il ne communiquera certainement pas avec le serveur téléphonique à la voix sexy, parce que les deux appareils sont le plus souvent confiés à deux prestataires distincts; c'est pour cette raison que l'opérateur vous redemandera votre numéro de contrat que vous venez pourtant de taper sur le clavier du téléphone. Ensuite, vous croyez avoir affaire à un interlocuteur professionnel ayant le titre de commercial ou de technicien, mais en pratique l'aide qu'il peut vous apporter est sévèrement limitée par ce que l'ordinateur en face de lui autorise (ou plus souvent, n'autorise pas). L'être humain au bout du fil est donc réduit à une simple interface conviviale entre vous et un ordinateur; plus grave, l'opérateur est probablement lost in translation à cause du décalage culturel, et ne comprend que vaguement vos problèmes et ce que vous attendez de lui ! La moutarde risque donc de vous monter très vite au nez, mais par pitié pensez au calvaire que vit ce pauvre pion d'une machination imbécile et mondialisante qui le dépasse avant de déverser votre frustration dans le combiné...

Mais attends attends, c'est pas fini, comme ils disent ! Le mécontentement des clients va grandissant, mais avec tout l'argent dépensé on ne peut pas faire machine arrière, tant pis on passe en production et on améliorera par la suite :

10. affecter un numéro surtaxé à la hotline pour gagner trois francs six sous, et tâcher de faire disparaître toute trace de l'ancien numéro «vert» ou «prix d'un appel local».
11. faire faire un site Web par un troisième prestataire, mais comme il n'y a plus d'argent celui-ci n'offrira pas le quart du dixième des fonctionnalités du système d'information réservé à la hotline (bien entendu, les deux auraient pu avantagement être construits ensemble si le maître d'œuvre avait eu un minimum de jugeote; on obtiendrait ainsi un système, dit de self-care, avec lequel le client peut à tout le moins se débrouiller tout seul et gratuitement).

Voilà où en est France Télécom aujourd'hui, et de nombreuses autres grosses entreprises françaises prêtes à sacrifier la satisfaction de leurs clients pour un profit à court terme des plus hasardeux... Encore une saillie d'anti-françaisisme facile sur le Blog-o-Dom ? Que nenni : en Suisse, il m'a suffi de 10 minutes pour ouvrir un compte chez un fournisseur d'accès Internet, par téléphone bien sûr. La personne que j'ai eue au bout du fil était suffisamment technicienne pour m'orienter dans le choix de la formule adaptée, parlait ma langue (c'est plus compliqué en Suisse qu'en France figurez-vous), et m'a même fait conclure le contrat par oral (cette partie de la conversation était enregistrée, et je devais répondre «oui» pour indiquer mon accord – Notons que la nouvelle loi sur la signature électronique permettrait une telle formalité en France à la fois dans sa lettre et dans son esprit, il suffirait ici encore d'un peu de jugeote...)

Enfin voilà, les français de la métropole sont pour l'instant victimes de ce jeu de dupes de la hotline, bien que les associations de consommateurs fassent pression pour faire cesser cet état de fait. La réponse des industriels ? Elle ne se fait pas attendre, et j'ajoute qu'elle ne me surprend même pas : ils menacent de coller un procès aux sites qui inventorient les numéros non surtaxés. Pauvre France...

lundi 10 décembre 2007

Nous sommes arrivés en Suisse ! (avec photos)

J'ai trouvé du travail à Zürich dans une entreprise à la mode, adieu la vie de self-employed ! Nous sommes bien arrivés, et avons enfin trouvé le temps de mettre quelques photos en ligne ; voici le résumé des épisodes précédents, en images.

Nos nouvelles coordonnées :

Vive les applications de Google, et vive les duplex avec vue !

jeudi 7 septembre 2006

Je quitte IDEALX

Ça y est, c'est officiel : je vais quitter IDEALX au plus tard fin novembre pour rejoindre une autre société de services en informatique nommée Siemens Business Services, filiale du célèbre consortium Siemens (472 000 employés en 2006, ce qui le classe dans les dix plus gros employeurs privés dans le monde). Ça va donc être un changement radical par rapport à IDEALX, PME de 50 personnes ! Siemens Business Services (SBS) s'occupe plus particulièrement d'infogérance, c'est-à-dire (pour simplifier) de faire fonctionner les réseaux informatiques de ses clients 24 heures sur 24.

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lundi 3 juillet 2006

La justice française, une honte nationale (parmi tant d'autres)

 

Honoré Daumier, «trois avocats causant», collection Phillips. Noter à l'extrême gauche, au fond du tableau dans l'ombre, une figure humaine : c'est la veuve du plaignant, en pleurs... Un détail difficile à distinguer même sur le véritable tableau. Peut-être M. Daumier craignait-il lui aussi les poursuites abusives ?

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mercredi 5 octobre 2005

Mon samedi en banlieue

Je suis allé aider mon frère à emménager dans son nouvel appartement. L'opération a été expédiée en moins d'une heure, grâce à l'assistance de nombreux acolytes. Son nouveau domicile est dans un quartier très calme et très agréable.

M'étant trompé d'horaire, j'étais arrivé sur place très en avance. J'avais bien emmené un magazine (un vieux «Première», que j'ai lu d'une couverture à l'autre), mais comme je l'avais déjà bien entamé dans le RER, il ne m'en restait guère que pour une petite demi-heure que j'ai passée à lire assis sur le bord du trottoir. À peu près au moment où j'ai eu fini ma lecture et commençai tout juste à m'ennuyer, un chat est passé à quelques mètres de moi l'air de rien, puis est repassé dans l'autre sens sans (apparemment !) faire attention à moi. Il était comme on dit «de race Européenne», c'est-à-dire de gouttière donc très beau : blanc, avec des taches rayées de noir et de gris.

Il paraît qu'il existe des «gens chat», qui n'ont aucun mal à faire connaissance avec ces animaux. J'ai en tout cas tenté ma chance en émettant un petit bruit de bouche, et M. Chat a fait un pas vers moi. 10 minutes plus tard, nous avions lié connaissance pour de bon, et il ronronnait avec douceur sur mes genoux tout en jouant à «patte» avec ma manche de pull...

Apprivoisé, je n'osai faire un geste, et je suis resté assis sur le bord du trottoir pendant à mon avis plus d'une heure. Malgré la chaleur du petit animal sur mes genoux, il a commencé à faire froid. Le quartier avait beau être calme, quelques personnes sont passées devant notre étrange couple... Une majorité ont passé leur chemin en faisant mine de ne pas me voir (m'ont-ils pris pour un clodo ?), un petit garçon est venu caresser mon ami tout doux, et plus tard une dame qui a reconnu le félin m'a appris que ses maîtres étaient partis en vacances en le laissant plus ou moins à l'abandon.

Cette heure dans le froid et l'immobilité forcée m'a étrangement plu. J'ai été initié (par le petit bout de la lorgnette, Dieu merci !) à la solitude du pauvre, au froid, à l'attente sans but; mais surtout, en la personne et le comportement du chat, j'ai découvert à quel point je pourrais être heureux avec mon prochain si seulement nous avions la patience et le courage de nous apprivoiser ! Au début, j'avais du mal à le caresser comme il le souhaitait, ni trop ni trop peu; il m'a même un peu mordu le doigt en représailles. Mais nous avons persévéré tous les deux; ayant mis de coté l'orgueil de nos espèces respectives et la nécessité immédiate de nos occupations, et le contact charnel aidant, nous avons pu échanger ce que toutes les créatures du Très-Haut ont en commun, même s'ils ne parlent pas la même langue : l'amour.

vendredi 2 septembre 2005

Guillaume à l'école...

J'ai bientôt 30 ans. Mon fils aîné, Guillaume, rentre à l'école aujourd'hui.

La mission du personnel de l'école Gerbert, si vous l'acceptez, est de faire rentrer 60 nouveaux poulets tout frais dans la matrice de la République. L'opération est dûment planifiée : maîtresse sur le pont, noms sur les portemanteaux, formulaires administratifs. Mais pendant que les parents traînent à remplir leurs papiers, monopolisant l'attention de la maîtresse avec l'autorité et l'assurance que l'âge leur confère, les petits commencent à flairer le piège. On voit une âme en peine errer dans le couloir, doudou à la main, cherchant la sortie et sa Maman disparue.

Un parent bienveillant se dévouera pour le reconduire dans la pièce qui lui échoit, personne n'étant disponible pour ce faire : la maîtresse, immobilisée par l'opération gratte-papier, est incapable de contrôler les entrées/sorties de la classe, encore moins de prendre en charge les enfants. Du coup, les parents hésitent à partir en laissant leur rejeton à l'abandon, et traînent tant qu'ils peuvent, réclamant un ultime renseignement à la maîtresse pour se donner une contenance. Interblocage.

Ma douce me dit qu'il est temps d'y aller. Elle a raison : notre Guillaume est occupé à construire une maison en Lego, il n'a presque pas pleuré, et je sais qu'il est habitué à passer du temps dans un groupe (crêche) loin de ses parents. Nous brisons l'interblocage par une fragile promesse, celle de revenir dans deux heures.

Je sors de la Bastille scolaire, essayant de ne pas entendre derrière moi les cris des infortunées petites majestés, toutes victimes du même coup d'État (comme chante Henri Salvador)... Bébé JB, dans mes bras, a l'air bien content que ce ne soit pas encore son tour.

Ça y est, je commence mon blog !

C'est un passage à l'acte. Après avoir apprécié les blogs des copains (Muriel, Blaise, Benoît, Michel, David, Sören...), et plusieurs fois reculé devant les problèmes techniques, me voilà prêt moi aussi à décortiquer mon égo et mes pensées, pour le bénéfice de ces gens qui ont du temps à perdre pour surfer au boulot !

Et puis, aujourd'hui semble être un jour faste, la preuve : mon fils rentre à l'école, kilimandjaro a 256 jours d'uptime (nombre faste !), je suis devenu major à Pardus et j'ai réalisé une jolie jaquette pour le CD des photos de mariage de deux amis à moi. Avec le temps et les ressources de mon employeur, IDEALX, évidemment !

J'espère que ce blog vous plaira. Vous y trouverez :

  • de l'informatique (de professionnel !) mais sous un angle qui je l'espère restera accessible au non-initié;
  • du droit (d'apprenti);
  • de la philosophie (de dilettante);
  • de la religion (d'un homme en chemin, si ça ne vous plaît pas, passez le vôtre);
  • de l'arrogance et de la suffisance (d'un spécialiste de la matière);
  • des liens vers des pages en anglais (d'un français navré par la pauvreté du Web francophone).
Vous n'y trouverez pas :
  • du texte en anglais (ce blog fait partie de mes modestes efforts pour améliorer le Web francophone, et par ailleurs je n'aurais pas le temps de traduire mes articles);
  • des échanges de liens asinum-fricatifs avec d'autres bloggeurs.