Pourquoi cette décision ? D'abord, il faut savoir que j'ai été débauché. Je suis trop fainéant pour chercher du travail, même lorsque ma situation professionnelle s'enlise, ce qui est le cas à IDEALX depuis déjà plusieurs années — pour mes collègues IDEALXiens, j'ai mis des commentaires plus détaillés sur cette question, qui pour des raisons évidentes n'ont pas leur place sur ce blog. Disons que l'opportunité est intéressante de plusieurs façons en comparaison de mon poste actuel, même si je ne suis pas sûr encore d'avoir trouvé ma vocation et de rester chez SBS jusqu'à ma retraite !

  • IDEALX est à 20 minutes à pied de chez moi, alors que Siemens est à Saint-Denis. Ça c'est pas cool, mais de toutes façons IDEALX va déménager en banlieue dans les prochains mois lui aussi.
  • Siemens n'est certes pas réputé pour ses contributions au logiciel libre, mais n'est pas non plus hostile à l'idée du moment qu'elle peut lui rapporter de l'argent — et mon expérience à IDEALX m'assure qu'il est possible de le faire, mieux : la personne qui m'a débauchée, et qui devient donc mon chef, s'implique personnellement dans le développement de l'activité logiciel libre à SBS, et mon poste constitue donc un excellent spot pour surfer avec brio sur les turbulences de la politique interne de ce grand groupe.
  • L'infogérance en soi est certes à peu près aussi passionnante que, disons, la comptabilité publique; cependant il ne s'agit là comme on dit que du «cœur de métier» de SBS, et dans la pratique de nombreuses autres activités me seront proposées — en effet, je rejoins plus précisément la cellule de R&D de SBS.
  • ce «statut» de R&D, c'est-à-dire la faculté de faire un peu ce qui me plaît du moment que mon employeur y trouve son intérêt, IDEALX ne me l'a jamais accordé de jure; et bien que je l'aie eu de facto dans la folle époque des start-ups, je l'ai presque entièrement perdu (et de par ma propre faute, il faut bien le dire !) depuis plus de deux ans.
  • Et puis évidemment, il y a le salaire... Siemens m'augmente de 30%, alors qu'à IDEALX j'avais atteint le plafond de verre depuis longtemps déjà — quoique je comprenne fort bien qu'une PME ne puisse pas se permettre de me verser des émoluments de diva !
Rien de tout cela n'est décisif en soi, et il me reste encore des scrupules moraux, même à l'instant où j'écris ces lignes alors que ma période de préavis court depuis plus de deux semaines. La fidélité à son employeur, en particulier un employeur vertueux comme IDEALX, est-elle un impératif catégorique ? Plusieurs proches m'ont soutenu que non : selon eux il est bien normal d'avoir fait le tour des choses après 6 ans dans une entreprise (à l'inverse d'un couple !) et d'avoir envie d'aller voir ailleurs. C'est donc ce que je fais : je vais voir...

À tous, je tiens à affirmer que je ne regrette absolument pas ces six années passées dans cette entreprise : j'ai apporté ma pierre au service du logiciel libre (même si ce fut plutôt sous la forme de prosélytisme économique que de code source, mais celui-là est à long terme au moins aussi important que celui-ci); j'ai côtoyé des gens épatants qui sont aussi des amis sincères, et ensemble, partis de rien ou presque, nous avons su vaillamment conquérir le portefeuille puis la reconnaissance de nombreux clients prestigieux malgré les magouilles de nos concurrents, pour la plupart aussi pathétiquement nuls que mauvais perdants. Ce faisant j'ai eu sur l'industrie informatique en particulier, et sur la France industrielle en général, un point de vue des plus édifiants, dont je ferai à l'occasion profiter les lecteurs du présent blog dans la mesure où mon temps libre chez Siemens me le permettra (promesse d'ivrogne). En un mot comme en cent, c'est à IDEALX que j'ai appris mon métier.

À tous mes collègues d'IDEALX (qui le demeureront quelques mois encore), je souhaite de tout mon cœur une réussite à la hauteur de leurs talents, qui sont grands !